Vos plus grandes questions sur le REER (et des réponses)
Comment maximiser votre REER
3 février 2026
La saison des REER est arrivée! C’est une période de l’année où notre équipe reçoit beaucoup de questions de gens qui veulent maximiser leur épargne-retraite. Par conséquent, l’édition de ce mois-ci vise à défaire un mythe très répandu (et très coûteux en matière d’impôts et de revenus de retraite) au sujet du REER. Nous en profiterons pour répondre à quelques questions fréquentes. En prime, nous avons un tableau pour vous montrer ce que vos cotisations au REER d’aujourd’hui peuvent vous rapporter demain. C’est parti!
Leçon du mois sur le REER : n’oubliez pas le revenu du ménage!
Si vous habitez en solo, les calculs relatifs aux REER sont assez simples. En supposant que vous gagnez plus d’argent aujourd’hui qu’au moment où vous puiserez dans votre épargne (probablement à la retraite), vous avez intérêt à maximiser vos cotisations REER. Mais si vous êtes en couple et que votre tendre moitié travaille elle aussi, les calculs se compliquent. Pour cotiser au REER, il faut trouver un équilibre entre le remboursement d’impôt que vous obtenez aujourd’hui et le taux d’imposition que vous aurez demain.
Lorsque deux partenaires ont des revenus et des taux d’imposition très différents, c’est la personne qui gagne le plus qui devrait verser la majorité, voire la totalité des cotisations au REER pour le ménage. Pour ce faire, elle peut cotiser à son propre REER ou passer par un REER de conjoint, ce qui permet au couple d’égaliser les revenus et les impôts à la retraite tout en transformant le taux d’imposition élevé de l’un en remboursement d’impôt intéressant pour les deux. Cela dit, la plupart des personnes en couple ont le réflexe de cotiser à leurs propres REER, peu importe qui gagne le plus.
Prenons l’exemple de deux personnes de 45 ans qui vivent en Ontario et qui épargnent en vue de la retraite. L’une d’entre elles gagne 220 000 $ et son taux marginal d’imposition est de 48 %. L’autre gagne 60 000 $ et est imposée à 30 %. Chaque personne a accumulé 100 000 $ et ne participe à aucun régime de pension.
Le couple dispose de 20 000 $ pour cotiser dans ses REER. Il peut :
- diviser le montant pour que chaque partenaire verse une cotisation égale;
- tout placer dans le REER de la personne qui gagne le plus pour maximiser le remboursement d’impôt;
- demander à la personne qui gagne le plus de cotiser à un REER de conjoint.
Scénario 1 – Diviser le montant à parts égales
Chaque personne accumule le même montant, ce qui équilibre les impôts à la retraite sans toutefois maximiser le remboursement d’impôt actuel. La personne qui gagne le plus reçoit un remboursement de 4 800 $ sur une cotisation de 10 000 $, tandis que celle qui gagne le moins reçoit un remboursement de 3 000 $, pour un total de 7 800 $.
Scénario 2 – Maximiser la cotisation de la personne qui gagne le plus
Si la personne qui gagne le plus versait les 20 000 $ dans son REER, le couple obtiendrait le remboursement maximal cette année : 9 600 $. En revanche, si le couple faisait le même choix régulièrement, son épargne-retraite serait fortement déséquilibrée. Si l’un des partenaires a un REER plus garni que l’autre, son taux marginal d’imposition sera plus élevé à la retraite, ce qui augmentera inutilement la facture d’impôt du couple.
Scénario 3 – Cotiser au REER de conjoint
La meilleure option pour le couple consiste à utiliser un REER de conjoint. La personne qui gagne le plus peut cotiser 10 000 $ à son REER et 10 000 $ au REER de son conjoint. Résultat : le couple cumule le même montant d’épargne individuelle tout en obtenant le remboursement d’impôt maximal de 9 600 $. La personne qui gagne le moins reste tout de même propriétaire à long terme des actifs. Elle paiera moins d’impôt à la retraite et gardera plus d’argent dans ses poches.
Bien entendu, d’autres facteurs peuvent influer sur votre stratégie de cotisation au REER : les régimes de pension, le solde des REER existants et des changements dans les revenus futurs. Mais comme dans un mariage, si vous ne pensez qu’à vous-même, vous n’obtiendrez sûrement pas de bons résultats.
Tableau REER du mois : ce que vos cotisations au REER d’aujourd’hui peuvent vous rapporter demain
FAQ sur le REER
- Comment connaître mon plafond de cotisation? L’ARC vous simplifie la vie : rendez-vous sur le portail Mon dossier, ouvrez votre dernier avis de cotisation et repérez la ligne intitulée « Voici vos droits de cotisation pour… ». N’oubliez pas que le montant n’inclut pas les cotisations que vous avez versées après la date limite de l’année dernière. (En savoir plus sur vos droits de cotisation au REER.)
- Mon régime de pension réduit-il mes droits de cotisation au REER? Oui. Vos droits de cotisation annuels tiennent compte des avantages liés à votre régime de pension. Si vous n’y pensez pas, vous vous exposez à des pénalités pour cotisation excédentaire. Votre taux marginal d’imposition à la retraite dépend également de vos prestations de pension futures. Si elles sont élevées, vous pourriez toucher un revenu de retraite semblable à celui que vous avez pendant votre vie active (et imposable à votre taux actuel ou presque). Si tel est le cas, cotisez d’abord à votre CELI. (En savoir plus sur les régimes de pension agréés.)
- Je gagnerai plus d’argent l’an prochain. Devrais-je reporter mes cotisations au REER pour obtenir un plus gros remboursement plus tard? C’est une stratégie judicieuse, notamment si vous pouvez cotiser au CELI à la place et que vous avez la certitude que dans un avenir rapproché, vos revenus augmenteront (tout comme votre taux marginal d’imposition).
- Y a-t-il une pénalité en cas de retrait anticipé d’un REER? Si vous retirez du REER avant la retraite, vous ne paierez pas de pénalité, mais bien des impôts supplémentaires. La facture totale dépendra du montant du retrait et de votre taux marginal d’imposition à ce moment-là. Vous pouvez déterminer votre taux marginal d’imposition en consultant des tableaux comme celui-ci. (En savoir plus sur les retraits de REER.)
Vous avez l’impression qu’aucun de ces scénarios ne reflète votre réalité? N’oubliez pas que dans bien des cas, le REER demeure le moyen le plus efficace de bâtir son épargne-retraite… à condition de s’en servir (comme pour n’importe quel véhicule de placement). La date limite pour cotiser à votre REER dans le but de réduire vos impôts pour 2025 est le 2 mars. Après cette date, vous perdez votre chance, mais vos droits de cotisation sont reportés.