Trop d’argent dans son REER, c’est possible.
Risques fiscaux et stratégies de retrait
26 janvier 2026
Après des années d’épargne rigoureuse, vous et votre partenaire avez un bon coussin dans votre régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Vous avez peut-être aussi un régime de retraite à prestations déterminées. Disons que vous êtes en excellente position pour profiter de la retraite.
Il y a peut-être, malgré tout, une ombre au tableau.
Quand vous convertissez votre REER en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), les retraits annuels obligatoires sont imposables et s’ajoutent à vos autres sources de revenus, comme :
● Un régime de retraite à prestations déterminées
● Le Régime de pensions du Canada (RPC)
● La Sécurité de la vieillesse (SV)
● Des revenus de placements, d’intérêts ou de location
● Un revenu d’emploi, si vous continuez de travailler
Le cumul de ces revenus peut vite vous faire passer à une tranche d’imposition plus élevée et entraîner des conséquences fiscales, qui peuvent gruger votre épargne.
1. La récupération annuelle de la SV
Dès que votre revenu net individuel dépasse un certain seuil (95 323 $ en 2026), le gouvernement réduit vos prestations de Sécurité de la vieillesse (SV) de 0,15 $ pour chaque dollar de revenu au-delà de ce montant. Autrement dit, votre taux marginal d’imposition augmente de 15 % sur cette portion de revenu.
2. Le piège fiscal du conjoint survivant
La plupart des plans financiers supposent que les deux partenaires vivront jusqu’à 90 ou 95 ans. Mais que se passe-t-il si l’un des deux décède plus tôt à la retraite? Même si le FERR de la personne décédée peut être transféré au conjoint survivant sans impôt immédiat, celui-ci se retrouve avec :
● Sa propre pension, le RPC et la SV
● Un FERR combiné potentiellement important
Au total, les retraits obligatoires restent à peu près les mêmes, mais ils se retrouvent déclarés par une seule personne. Le conjoint survivant est presque automatiquement poussé vers une tranche d’imposition plus élevée, ce qui peut réduire ses prestations de Sécurité de la vieillesse.
3. La toute dernière facture fiscale
Au décès du deuxième partenaire, tout le solde restant du FERR est considéré comme un revenu dans la déclaration finale. Si les deux partenaires décèdent plus tôt que prévu, le montant restant peut être important et imposé en grande partie au taux marginal le plus élevé. Ce qui peut facilement se traduire par une facture fiscale de 40 à 50 %.
Comment se préparer?
Planification avant la retraite
Rappelez-vous que les cotisations au REER sont avantageuses si vous vous attendez à ce que l’allégement fiscal à la cotisation soit au moins équivalent au taux d’imposition que vous paierez au moment du retrait. Pour les raisons évoquées plus haut, si votre REER est déjà bien rempli et que vous n’êtes pas dans une tranche d’imposition élevée, continuer d’y cotiser n’est peut-être pas la meilleure option.
À la retraite : une stratégie proactive de décaissement
Beaucoup de gens attendent l’âge de 71 ans, quand les retraits du FERR deviennent obligatoires. En faisant ça, ils se privent de la possibilité de retirer une partie de leur REER à des taux d’imposition relativement plus bas au début de la retraite.
Si vous avez un REER bien rempli, l’objectif est d’éviter les pics d’imposition en retirant des fonds de façon stratégique durant la fenêtre optimale, c’est-à-dire les années où votre revenu est souvent plus faible, entre le début de la retraite (disons 60 à 65 ans) et 71 ans.
Ce que ça implique :
- Des retraits stratégiques du REER : déterminer le montant optimal à retirer chaque année pour « remplir » les tranches d’imposition inférieures.
- Privilégier le CELI : verser l’argent après impôt dans votre compte d’épargne libre d’impôt (si vous avez des droits de cotisation), où il peut continuer de croître et être retiré à l’abri de l’impôt.
À la retraite : le fractionnement du revenu
Si vous et votre partenaire avez un écart important entre vos soldes de FERR, il est possible de fractionner à part égale le revenu tiré de retraits admissibles d’un FERR et de certains revenus de pension. Cela peut vous permettre de retirer davantage de vos FERR tout en gardant, pour chaque personne, un niveau de revenu plus avantageux sur le plan fiscal.
Prévoir plutôt que croiser les doigts
Au bout du compte, vous avez le choix : laisser ces conséquences fiscales au hasard, ou adopter une stratégie proactive pour vous protéger contre de mauvaises surprises. Un bon plan vous aide, vous et votre famille, à garder le contrôle sur l’épargne que vous avez mis une vie à bâtir.
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